—Où est passé le white trash Français ?

Il a trouvé du travail. Depuis la mort de Mathieu Berenholc, que je n’ai pas connu, il faut bien reconnaitre que Vice France a plongé dans la mouisasse la plus profonde. Je dis mouisasse, car le mot est venu en premier, mais il suffit de passer deux minutes sur les derniers articles pour trouver d’autres adjectifs liés au vomi. Le champ lexical du vomi est celui qu’on apprend le plus vite quand on se lance dans une langue étrangère, et je fais parti de ces jeunes français qui disent encore “begère” en 2013, ça la fout mal alors “Mouisasse” c’est bien car je sais pas d’où ça vient. J’avais demandé un jour à une de mes gamines de centre aéré comment ils disent quand ils vomissent après avoir trop bu pendant la perm, et en fait ils disent “vomir”. Il a vomi, elle a vomi. “Il était malade”. Vice France me rend malade. Récemment me vient en tête, la traduction de l’article sur les dash cam russes et les comètes qui commet l’ineptie de remplacer (je le fais de tête) “attraper une balle pendant les World Series” par “récupérer le ballon de Zlatan dans les tribunes du Parc” – la trad foireuse m’insulte car elle sous-entend que je ne sais pas ce que sont les world series mais surtout dans un soucis d’adaptation faite par ce qui semble être un 1ère L en stage d’observation, elle foire le sens voulu par l’auteur original sur le côté exceptionnel de “catcher” des vidéos d’étoile filante à basse altitude : Dans le football on rend le ballon au ramasseur de balle et c’est fini, le garder reviendrait à se faire exclure du stade, au base-ball, la balle de home-rune est un objet de culte, exceptionnel, recherché et collectionné. La relation à la balle, au ballon diffère selon les sports, ce pourrait être un bon article de blog “Vice” le fétichisme des ballons, mais je ne vais pas commencer à proposer de bonnes idées.

Là, à chaud, je viens de lire le marathon Die Hard que le mec ne tente même pas sous acide (contrairement à ce qu’aurait fait son comparse américain) et, dans un soucis de conclure, il veut nous faire croire que ça intéresse vraiment quelqu’un qu’un studio de cinéma viole une licence cinématographique, il dira d’ailleurs “j’ai fait d’horribles cauchemars dans lesquels John McClane se faisait violer par l’anus par des producteurs hollywoodiens”, mais tout le monde a vu l’épisode de ce dessin animé américain connu, où dans une mise en abyme intelligente Indiana Jone viendra se faire littéralement violer à l’écran, par ses deux producteurs Lucas et Spielberg, devant le jeune public heros du dit dessin animé. Faire quelque chose déjà fait, ce n’est pas grave. Ça m’arrive. Tu es pardonné, tu es une grosse merde. Pardonnée. Et je me souviens un peu plus loin dans le temps la stagiaire chinoise qui rentrait en vacances chez ses parents adoptifs à lille pour interviewer des mecs qui défendent des roms, pendant que les roms continuent de construire, au “bled”, des Gypsy Mansion avec l’argent tiré des mecs qu’elle finissait d’interviewer, ce qui est bien entendu 100x plus intéressant et adapté à l’idée que je me faisais du magazine Vice. Qu’on se le dise petite chinoise pleine d’amour, si je voulais sincèrement soutenir la cause rom et pointer du doigt mon voisinage raciste, je serais abonné à l’Huma et travaillerais à la mairie de Vitry. Je ne lirais pas Vice.

La production de contenu par Vice France est proche du 0 et l’arrivée des traductions me sert maintenant de rappel pour aller lire la version internationale, au cas où. Je ne vais pas pleurer la tournure ratée de Vice que je situe, avec le recul, à la mort de Berenholc mais peut-être que lui voulait cela. Les morts ont toujours raison quand ils laissent derrière eux de bonnes choses. Je ne vais pas chercher les fautifs, chacun fait son truc, la vie est longue et belle, et cette chinoise signera toujours plus de pétitions pour embellir mes vacances dans la banlieue de Bucarest. Je voudrais lui demander si c’est vrai que toutes les asiats, même celles en France, s’obligent à couiner comme les japs de porn ou si c’est juste une rumeur de mes potes qui aiment les culs plats et ont tapé dans toutes les filles de restaurateurs de la bonne ville de Compiègne, où j’ai grandi un peu.

Mais le white trash continue de vivre sa vie sans les white, sans le trash. Ou ça? En fait j’ai arrêté de chercher, car c’est un travail de tous les jours. Je peux tenter une description de ce que je veux mais… C’est chiant, il n’y a plus que Fdesouche qui propose les bases pour ces sujets de blanbec. Et leur angle faussement distancé rend la lecture attentive de ce site assez nerveuse, chez moi, qui ait l’esprit aussi influençable, “putain tout est vrai, je pète un câble” que cette renoi qui distribue des Nouveaux Testaments en arabe des témoins de jehovah dans ma boite au lettre (voir mon compte instagram). Je salue toujours cette renoi au RER, avec ses Réveillez-vous, le matin je ne suis jamais assez réveillé. Et elle m’a dépanné quand je manquais de Coca, au cocci elle m’a lâché une canette contre 5 minutes d’une évocation de Jésus Christ habitée. Je n’ai personne ni le temps pour commencer à prendre les sujets un par un et aller sur le terrain pour boire un verre avec les gars dedans, genre les mecs qui se sont battus avec des juifs dans un TGV, qui se souvient ? Ils allaient pour s’engager à l’armée. Un bon whisky coca avec ces gars, ça peut faire un film français. Et c’est ça que Laurent Obertone n’aura pas.

Lui, il nous a tous tricard avec ses droits de réponse constants sur Atlantico, et son livre la France Orange Mécanique, qui aurait pu être l’objet du premier numéro de mon mag “Le Petit Français illustré” : Les viols collectifs racontés par les violeurs – Ils sont sympas en fait et ce dernier m’a invité à venir le retrouver quand il fera son hlel. Bon, je vois que Vice essaie de ramener la niche white trash en allant à Enghien voir Carl Lang, mais moi j’ai de bons souvenirs d’Enghien pour d’autres trucs, liés aux meufs de potes à l’époque de la fac et aux alcools avec du sucre dedans et une maison donnant sur le Lac. L’extrême droite est le sujet N°1 de white trash français, car son univers est fascinant : il mêle à la fois les cathos tradi, les païens les plus fondamentalistes, les gays nationalistes, les enfants illégitimes du Batskin et même maintenant les rebeu venus sauver les “beurettes à khel” contre les “islamo-gaucho” par une charia simple et efficace, saupoudré de noirs se réclamant des thèses de Cheikh Anta Diop. Bizarrement, ce petit monde paradoxal cohabite comme le village gaulois d’Uderzo/Gosicinny, dont ils se réclament un peu tous à leur façon, et n’arrête de se “outer” ou de se “queneller”. En fait, si on veut faire le sommaire d’un mag white trash, il suffit, en un, de trouver le numéro d’un micro parti d’extrême droite, aller à un de ces réunions publiques, faire le 4ème pinpin et pondre un article où tu dis que la phase 3.2 du protocole de Sion va commencer en Mars selon ces gars plutôt convaincus de connaitre la vérité, et amateur de bière premier prix, dont les packs ont fini d’envahir les 5m2 de la cuisine aménagée du “local”. C’est, je crois, le métier que fait le bon gros Abel Mestre au Monde. En deux, tu fais dix pages de screenshot de pages facebook, avec sur les impairs des citations de “Les beurettes à khel utilisent l’islam pour justifier leur relation haram”, sur les pairs les plus belles photos d’éjac de Jacquie et michel sur de vieilles arabes nées entre 58 et 65. Tu finis sur un chevelu qui custom des motos DAX de chez Honda dans la banlieue de Sedan où il insulte les chinois, parle du premier but d’Eddy Capron à Duguauguez, et finit sur les prix de l’héro, où il est obligé de faire 3 motos pour son gramme et qu’il a hâte du revival DAX pour finir sa vie ceinture au bras, dans le fond de ses chiottes. Ce qui le tient en vie c’est le manque d’argent, la mécanique de motos oubliés.

On pourrait croire que je fantasme, mais j’ai croisé plus ou moins tous ces gens. Je demande combien pour le kickstarter de cet enfant horrible du white trash Français. Rien.