—L’élitisme en vain (part1).

J’avoue un intérêt particulier pour tout ce qui est “fondamentaliste” en vain, particulièrement dans les activités ludiques. Joueurs de mmo “old school” j’appréciais cette époque sans ladder, sans stat public, où l’on réfléchissait à un “meta-gaming” pour… Rien. Même pas une arme qui clignote ou un bracelet rare : cela n’existait tout simplement pas. Arrêter d’entrainer son “skill” (médiocre) à Counter Strike et éviter les “lans” et les “pgm” (progamer) pour aller taper des grenouilles puis des gens dans respectivement EQ et DAoC (dans un niveau tout aussi médiocre) était pour moi l’attitude à la fois la plus punk et hippie de “vrais” gamers. Le jeu en ligne n’était intéressant exclusivement que pour ses interactions sociales et le “flaming” intra communautaire. Il était pur.

Fin 2012-mi 2013, on remarque dans le jeux vidéo un certains retour aux sources et à la “punition” permis par, excusez le gros mot, “le crowd funding” – Finance ou collecte participative. Ce dernier arrive à fédérer une niche autour d’un projet et offre l’utopie ultime du nerd : l’autofinancement de son jeu. Le pouvoir suprême. L’exemple récent du succés de Camelot Unchained sur kickstarter permet de rassurer les investisseurs : on peut produire n’importe quoi sur des promesses, il y aura toujours une armée de cons pour foutre, en moyenne, 70€ dessus et avoir un badge “kikitoudur” sur un forum officiel. Le tout se produit sans aucun risque : même si le jeu est livré tout pourri il suffira de dire que c’est une nouvelle “beta” pour les “backers” qui seront tellement satisfaits d’être VIP qu’ils ne l’ouvriront pas trop. Cette tendance du crowd funding, bien qu’émergeante médiatiquement, a déjà atteint son apogée et il sera bientôt impossible de voir des “petits” projets émergés – la preuve, encore, avec Camelot Unchained qui est un faux petit projet, le créateur Mark Jacobs ayant annoncé qu’il avait déjà un investissement d’environ 2 millions (de sa poche!) sans le kickstarter ; L’apparente atomicité du marché de la “collecte participative” se transforme déjà en façade promotionelle pour blockbusters qui cherchent un “cachet” communautaire. Tout cela commence déjà à puer la merde et la bonne carotte sans qu’on puisse s’en plaindre (nous ne perdons ni gagnons rien dans cette affaire à part se voir infliger Zach Braff) – passons outre les projets à but non commerciaux.

Mais au delà des effets pervers de ce tout crowd funding dans le jeux vidéo, impossible de passer à côté du renouveau du progaming des années 2010. Les guildes “caritatives” de mon “époque”, disons de “Dark Age of Camelot” ont, avec la mainstreamisation du mmo et l’explosion du “moba”, vendu leur communauté à quelques sponsors pour créer des sociétés, qu’ils appellent des structures, cherchant à financer l’activité, ô combien exaltante, de “jouage” de jeux vidéo. C’est le cas de Millenium, ou de WaR Legend, et personne ne se souvient d’eux comme les plus gros “zergueurs” (comprendre : un jeu de masse sans saveur accouplé à de l’arrogance victorieuse) / “chômeurs” (comprendre : chômeurs) des serveurs européens de Dark Age of Camelot. Cette facilité du retournage de veste, d’une communauté saine, désinteressée et débrouillarde à une machine de guerre publicitaire supportant 3 chômeurs longues durées rêvant de Corée et de petites jupettes, semble être inscrit dans l’ADN du progaming et l’on dénonçait déjà tout cela avec Zedeathtouch et, entre autre, sa rubrique des chiottes qui racontait l’envers du décor : une bande de puceau de lan et d’arriviste hype-kikoo à la Monsieur “stop hitting are you crazy? I’m a press guy” Lam – (ce dernier avait subi, lors de l’ESWC en 2003, ce qu’on pourrait appeler la pire agression homophobe/anti liberté de la presse des jeux vidéo, sa version du récit est sans doute ce qui restera de plus fameux dans l’histoire du jeux en ligne et de l’internet Français : « He just hited me on the arm I raised to protect my face. Whereas I was shocked, I sreamed to him “stop hitting are you crazy? I’m a press guy!”. But the guy was drunk and began to prepare another strike. I was trully frightened at that moment. I can take a photo, but I got traces from the hit on my arm. » Les esprits malicieux de Zedeathtouch avaient d’ailleurs bu une dernière vodka à sa santé).

Mais là où les lans étaient, au début des années 2000, le fruit d’une semi-professionalisation de passionnés qui intéressaient quelques marques du milieu et sur laquelle on pouvait déconner grivoisement, elle est devenue aujourd’hui partie intégrante du gameplay proposé par un éditeur. La lan devient le rendez-vous où il faut, bien entendu, se qualifier, gagner son pass ou à défaut le payer pour venir regarder, mais, surtout, gamin tu peux acheter mes potions de “rox” à 2€99 ou ce héros “over-powered” à 9€99, t’auras plus de chances de gagner ;-) . Je ne vais pas vous raconter l’histoire de League Of Legends, fouillez l’internet, mais ce jeu est satan à la fois dans sa conception et sa promotion. D’ailleurs ce n’est pas pour rien qu’un de ses mods se nomme “ARAM”.

Comment redevenir un hippie du gaming en 2013. Je n’ai pas la réponse définitive, mais j’ai décidé, sur mon temps libre, d’infiltrer quelques milieux qui ont pour point commun d’être à la fois très généralistes et commerciaux, tout en étant rationellement inintéressant en rétribution pour les passionnés. L’histoire d’un élitisme en vain.